Peut-on mélanger humanitaire et business ?

De plus en plus d’entreprises répondent actuellement à l’appel de Prem Rawat et d’autres ambassadeurs de la paix de s’engager humanitairement. On peut les comprendre sachant qu’en plus de créer chez leurs collaborateurs une satisfaction personnelle, cela fait du bien à leurs affaires en contribuant notamment à la valorisation de leur image de marque.

D’autres vont tout de même plus loin en transformant l’humanitaire en un business très lucratif en favorisant ce que l’on appelle « volontourisme international », au grand désarroi de Prem Rawat et d’autres activistes humanitaires.

L’avantage de s’engager dans l’humanitaire dans le monde des affaires

Nous ne sommes pas de ceux qui prônent pour une séparation pure et simple de l’humanitaire et du business. En effet, chaque côté a quelque chose à gagner dans ce mélange. Si l’on connait, du moins d’une façon générale, les apports pour les bénéficiaires des actions humanitaires, beaucoup ne savent pas quel pourrait en être l’impact pour le monde entrepreneurial. Il est ainsi important d’apporte quelques éclaircissements ce concernant.

Le premier avantage est l’augmentation de la motivation des employés engagés dans les missions. Ceux-ci se sentiront en effet valorisés en contribuant au développement des autres et en soumettant leurs compétences au service de la solidarité internationale. Et quand il y a de la motivation, l’entreprise sera le premier bénéficiaire, car cela se répercutera positivement sur sa productivité. L’humanitaire constitue par ailleurs un moyen :

  • De se distinguer de la concurrence en optant pour une cause qui lui est adaptée
  • D’ajouter l’attachement aux causes humanitaires parmi ses valeurs
  • D’augmenter l’engagement de sa cible
  • De faire du team building d’une manière encore plus solidaire

Les idées pour un mélange sain de l’humanitaire et du business

Ce ne sont pas les idées qui manquent pour les entreprises voulant une bonne association entre l’humanitaire et le business. La première a connu une grande popularité en Hexagone dans les années 2000. Il s’agit de convaincre ses salariés de réaliser des missions humanitaires durant leurs congés et de se charger de la couverture des frais facturés par les associations.

Cette option est connue sous l’appellation de vacances solidaires. Car certains employés peuvent être réticents à l’idée d’épuiser tous leurs congés pour leur première expérience en humanitaire, l’entreprise peut leur proposer seulement d’accorder quelques heures de leur temps libre au bénévolat, notamment dans des domaines où leurs compétences sont requises.

Le mécénat de compétences est également un bon moyen pour associer le business et l’humanitaire. Il s’agit de mettre à la disposition d’un organisme humanitaire un ou plusieurs membres de son personnel à titre gracieux durant leur temps de travail. Mais rien n’empêche les individus intéressés de s’engager à plein temps dans l’humanitaire en choisissant directement de travailler dans une ONG, et même en devenant intrapreneur ou entrepreneur social.

Qu’en est-il du volontourisme international ?

S’appuyant sur les avantages de mélanger humanitaire et business, certaines entreprises ou autres organismes ont adopté une position pouvant être qualifiée d’extrême, en amassant des bénéfices liés à un concept appelé « volontourisme international ». Il s’agit de profiter de l’envie de plus en plus pressante de nombreux jeunes attachés aux causes humanitaires de rendre utile auprès du peuple défavorisé pour monter un business juteux. Reconnaissons en effet que certaines organisations qui s’y lancent n’hésitent pas à facturer leur « voyage humanitaire » à 30 à 40% de plus par rapport à un voyage lié à des tourismes traditionnels.

Pourtant, seulement une petite partie de la marge est utilisée pour les causes humanitaires. L’autre partie, elle, entrera dans la poche des organisateurs de ce type de voyage. Heureusement que de nombreux humanitaires se mobilisent actuellement pour endiguer ce fléau qui ne peut que pervertir la notion même du travail humanitaire.